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Chap.2 - Une monnaie dédiée à l'économie sphérique



1. Le rôle essentiel de la monnaie dédiée à l’économie sphérique

a. Garantir un niveau de débouchés minimum aux entreprises écosphères

On l'a vu dans le premier chapitre, pour garantir des débouchés suffisants aux entreprises écosphères, il faudra que les 6 millions de demandeurs d’emploi et leurs familles achètent les produits qu’ils auront eux-mêmes fabriqués ou distribués. La tentation est forte en effet, dans l’économie actuelle, mondialisée, de se tourner vers des produits concurrents, soit fabriqués à l’étranger avec des coûts de main d’œuvre sans comparaison et sans contraintes environnementales, soit fabriqués en France avec une productivité plus élevée et donc proposés à des prix plus avantageux. En effet, les entreprises écosphères feront appel à une population certainement moins performante que celle des équipes en activité. Les chômeurs sont souvent les moins de 25 ans sans expérience ou les plus de 45 ans, sans activité depuis un certain temps, ayant pour une partie d’entre eux du moins, perdu l’habitude des horaires ou de toute autre contrainte inhérente à tout emploi. Ces entreprises seront automatiquement moins compétitives au départ que les entreprises du système concurrentiel. Les prix des biens fabriqués seront plus élevés que dans une économie libérée. Les achats réalisés par les salariés se tourneraient alors vers des produits moins chers, fabriqués à l'extérieur du circuit ; trop peu d'achats seraient réalisés auprès de l'entreprise employeur qui ne parviendrait pas à écouler sa production. L'entreprise locale non rentable serait alors contrainte à la fermeture.


Les difficultés annoncées des entreprises à défaut d'une protection de leurs marchés.

Le risque d'évasion en l'absence de protection des marchés.

Le niveau de vente insuffisant et l'absence de rentabilité qui en découle conduit les entreprises à la fermeture.


Une protection du marché, une étanchéité du circuit économique est donc nécessaire à la survie des unités de production écosphères ; elle sera obtenue par la mise en place d’une monnaie dédiée à l’économie sphérique qui ne pourra être utilisée que par les entreprises agréées (versement des salaires) et par leurs salariés (achat des produits écosphères). Cette monnaie dédiée à l’économie sphérique sera donc exprimée en Points Pour l’Emploi et l’Environnement (PPE), appellation qui sera susceptible d’évoluer.

Cette protection des entreprises permettra d’éviter de reproduire l’erreur de 1981, où la tentative de relance de l’économie par la consommation s’était soldée par une relance... des importations - voir le chapitre consacré aux problématiques du monde actuel.


Une monnaie dédiée à l'économie sphérique pour protéger les marchés des entreprises

Une monnaie assure l'étancheité du circuit.

L'étanchéité du circuit assuré par la monnaie permet de rentabiliser les nouveaux emplois


Cette idée de mettre en place un circuit monétaire propre aux activités écosphères n’a rien d’impossible : les chèques cadeaux remis par les entreprises à leurs salariés, les tickets restaurants, les bons vacances et surtout les monnaies locales[8] (Galéco en Bretagne,...) et virtuelles fonctionnent actuellement sur des principes similaires. Aux Etats-Unis, des "Food Stamps" sont distribués aux personnes sans revenu ou avec des revenus très bas dans le cadre du "Supplemental Nutrition Assistance Program", le SNAP, « Programme d'aide supplémentaire à la nutrition ». Ce dispositif est géré par le Département de l'Agriculture des États-Unis. Les Food Stamps sont distribués localement par les différents États américains. Dans le projet d'une économie sphérique, les dépenses de l'Etat sont remplacées par les salaires versés par les entreprises, ce qui a l'avantage de responsabiliser et de réinsérer les plus pauvres dans la Société.

Comme aux Etats-Unis, la monnaie écosphère sera destinée aux plus faibles, aux exclus du monde du travail et en particulier aux demandeurs d’emploi de longue durée.

La monnaie écosphère sera réservée aux échanges entre les acteurs du circuit économique protégé. Les salariés du secteur protégé seront rémunérés en «PPE» qui permettront d’acheter les produits de l’économie sphérique.

Des magasins écosphères, des sites écosphères d’achats en ligne ou encore des drives écosphères rendront les produits et services disponibles sur l’ensemble du territoire, en fonction de la répartition des besoins, donc des demandeurs d’emploi.

b. Permettre des réductions de charges sans nuire aux autres entreprises.

L’étanchéité du circuit permettra d’appliquer aux entreprises écosphères un niveau de charges allégé (impôts et cotisations sociales) afin de compenser la productivité inférieure de la main d’œuvre après des mois ou des années d’inactivité. Sans cette réduction de charges, les prix de revient des produits écosphères gonfleraient, l’entreprise serait contrainte d’augmenter le prix de vente aux clients qui connaîtraient une baisse relative de leur pouvoir d’achat. Ce n’est évidemment pas le but. Les prélèvements de l’État sur ces entreprises seront donc réduits, mais ces rentrées viendront s’ajouter aux quelque 30 milliards d’allocations chômage économisées.

Afin de ne pas priver les employeurs actuels de la partie de leur clientèle correspondant aux demandeurs d’emploi indemnisés, il sera proposé à toutes les entreprises existantes de participer au projet en embauchant des chômeurs de plus de 6 mois. Ainsi, elles bénéficieront également des allègements de charges accordés. Elles conserveront donc leur clientèle actuelle et bénéficieront d’un surplus de débouchés pour la partie de demandeurs d’emploi jusque là peu ou pas indemnisés, qui désormais embauchés dans d’autres entreprises écosphères percevront un salaire «normal».

Ce revenu, jusque là financé par l’État, donc par l’impôt, sera versé demain par une entreprise qui respecte l’homme et l’environnement. C’est justement le but poursuivi ! Des études aux plans national et régional permettront d’assurer une couverture optimale des besoins en termes de fabrication et de distribution des produits.

c. Assurer la coexistence des deux circuits économiques

Chaque demandeur d’emploi remis au travail doit pouvoir disposer de l’une et de l’autre des deux monnaies. Ainsi un même individu devra pouvoir répartir son temps de travail entre le système concurrentiel et le secteur protégé écosphère ; ceci lui permettra de disposer d’un revenu composé en partie de points écosphères et en partie d’euros, et donc de consommer de façon beaucoup plus libre et diversifiée.

Les entreprises écosphères devront donc pouvoir proposer des contrats à temps partiel (de 4h à 32 h maximum par semaine à leurs futurs salariés, d’autant plus que de nombreux demandeurs d’emploi disposent déjà d’un temps partiel dans l’économie concurrentielle et qu’ils pourront exercer demain d’autres activités rémunératrices, liées en particulier au partage des connaissances. Nous reviendrons plus loin sur ce dernier point.

Cette rémunération simultanée en euros et en Points pour l’Emploi et l’Environnement apportera une certaine liberté de consommation à chacun.

Par ailleurs, tous les produits souhaités par les demandeurs d’emploi ne pouvant être fabriqués du jour au lendemain par des unités écosphères, il est logique que seule une partie des salaires soit versée en PPE. Enfin, parce que les ménages devront pouvoir répartir comme ils le souhaitent leurs achats entre les produits écosphères disponibles, chaque entreprise écosphère devra être gérée efficacement : les quantités produites, les dates et délais de mise sur le marché des produits issus des Unités écosphères devront s’adapter au niveau de la demande qui sera elle-même liée à la qualité des produits fabriqués. La sécurité des débouchés des entreprises écosphères est en partie assurée par cette monnaie qui ne peut servir qu’aux achats de produits écosphères ; cette sécurité n’est pour autant ni totale, ni inconditionnelle.

Le déploiement de ce projet est envisagé uniquement sur le territoire national dans un premier temps et pour des marchés nationaux. La solution proposée est cependant reproductible dans tous les pays. L’ouverture des marchés des entreprises écosphères sur le monde et en particulier sur l’Europe est possible et souhaitable mais dans un second temps, après avoir harmonisé les pratiques au plan international.

d. Sortir le monde des règles qui l’étranglent

L’euro est la seule monnaie légale aux plans national et européen. Faut-il dès lors rejeter la solution proposée ? Jusqu’où l’homme doit-il accepter de se conformer aux règles qu’il a lui-même établies ? Lorsque c’est une question de vie ou de mort, le minimum qu’il puisse faire, c’est de s’autoriser à imaginer les voies d’une issue plus favorable. Certes, dans le secteur protégé écosphère envisagé, les moyens de paiement utilisés ne sont pas exprimés en euros ; cette problématique a déjà été rencontrée et contournée par les associations qui ont mis en place des Systèmes d’Échanges Locaux (SEL)[9] : dans ces dispositifs, les prestations s’évaluent en nombre de points et s’échangent sans contrepartie monétaire. Par ailleurs, des monnaies locales ont été créées un peu partout en France pour favoriser les circuits courts (le Galéco par exemple est la monnaie complémentaire lancée en Ille-et-Vilaine avec le soutien du Conseil Général). Ces exemples nous montrent qu’il est possible d’ouvrir le cadre, de le modifier, de l’agrandir, de l’adapter. C’est ce que nous demanderons dans le cadre de ce projet.

Autre obstacle légal aux niveaux européen(UE) et mondial (OMC), la réglementation de l’économie de marché impose l’ouverture des frontières et la libre circulation des biens, des personnes et des capitaux. Les produits du monde libre venant de France ou de l’étranger ne pourront pas être acquis avec les PPE, ce qui pourrait apparaître comme une restriction à la liberté des échanges. On observera qu’ils ne peuvent pas davantage l’être avec des Galécos. D’autres formes d’exceptions existent à l’instar des chèques repas, des bons vacances ou des chèques cadeaux remis à Noël par certaines entreprises à leurs salariés ; ces bons ne sont utilisables que pour certains achats, dans des commerces et pour des produits bien identifiés.

Les PPE suivent la même logique et devront pouvoir s’appuyer sur des exceptions existantes pour contourner les obstacles légaux. Un regard sera également porté aux Entreprises Adaptées (autrefois Ateliers Protégés), aux ESAT[10] (anciennement Centre d’Aide par le Travail), qui se sont consacrés de la même façon aux personnes handicapées et dont l’expérience sera précieuse.

Il est clair qu’une volonté politique sera impérative pour tester et généraliser ce dispositif à l’échelle d’une économie régionale, nationale voire un jour à l’ensemble de l’Europe. Dans la mesure où tous les pays développés connaissent les mêmes limites de régulation automatique du marché de l’emploi, chacun d’eux pourrait avoir envie de se rallier à ce projet pour en finir avec le chômage de masse et ses conséquences.

2. Les difficultés pratiques de mise en œuvre et les solutions pour y faire face

À terme, on peut imaginer que les six millions de demandeurs d’emploi fabriqueront tous les produits dont ils ont besoin pour se loger, se vêtir, se nourrir, s’instruire, se former,... et faire vivre leur famille. Pôle emploi se chargerait de trouver la main d’œuvre nécessaire aux entreprises et mettrait à la disposition de chaque salarié un compte et une carte de paiement en PPE. Les entreprises verseraient sur les comptes des salariés les salaires nets exprimés en PPE; les salariés pouvant choisir d’acheter avec leurs points ce dont ils ont besoin, un site internet et des magasins ou des drives assurant la distribution de ces produits écosphères. Les salariés des unités écosphères pourraient également noter sur internet les produits qu’ils aimeraient pouvoir acquérir mais qui ne figurent pas parmi les choix disponibles de façon à orienter les nouveaux projets de création ou de développement d’entreprises.

À terme, oui, mais avant de parvenir à ce résultat, il faudra avoir dépassé un certain nombre de difficultés.

a. La disponibilité initiale des produits écosphères

Tous les produits nécessaires ne pourront pas être fabriqués par les demandeurs d’emploi, en tous cas pas immédiatement. Ces articles ne pourront donc pas être acquis par les demandeurs d’emploi avec des PPE. L’intégralité du salaire ne pourra donc pas être versée en PPE. Imaginons la première entreprise volontaire qui embaucherait un premier demandeur d’emploi. Seuls les produits issus de cette entreprise pourraient être acquis avec des PPE par ce nouvel employé, ce qui poserait deux problèmes : le salarié rémunéré en PPE ne pourrait rien acheter d’autre et l’entreprise n’aurait aucun autre client possible.

Le salarié devra donc percevoir une rémunération en deux parties : la première, composée de PPE, lui permettra d’accéder aux produits et services écosphères disponibles et la seconde partie lui sera versée en euros (voir schéma suivant : le salarié qui consacre 2 % de son revenu à des produits de boulangerie recevra 2 % de sa rémunération en PPE).

D’autre part, comme il ne sera pas possible de mettre spontanément six millions de personnes au travail, pour assurer l’ensemble des productions et des débouchés, il sera proposé aux demandeurs d’emploi restés inactifs d’être également rémunérés avec des PPE afin de permettre le développement progressif des unités de fabrication écosphères.

On retrouve là encore la même logique que celle des chèques restaurants : les salariés reçoivent mensuellement un nombre de chèques restaurant qui varie selon le nombre de jours travaillés. Ces chèques ne représentent qu'une petite partie de leur rémunération, le reste étant perçu en euros.


Les nouveaux et futurs embauchés solidaires bénéficient d'un revenu en € et en PPE

La solidarité nécessaire des demandeurs d'emploi.

Une répartition fonction de la disponibilité des produits en PPE.


b. La contrainte d’une comptabilité en € et en PPE

Il serait compliqué pour les entreprises d’entretenir une double comptabilité, en euros et en PPE. Pour contourner cet obstacle, une structure intermédiaire (qui pourrait être Pôle emploi, un groupement d’employeurs ou une agence de travail temporaire) sera l’employeur des salariés délégués dans les entreprises. Cet intermédiaire facturera en euros la prestation de service (la mise à disposition de personnel) à l’entreprise utilisatrice. Seuls les magasins agréés Pôle emploi seront autorisés à commercialiser les produits écosphères et à encaisser des paiements en points écosphères. Ces magasins échangeront en fin de période (semaine ou mois) auprès de cet intermédiaire employeur, les points perçus contre des euros.


LIBÉRER L’ENTREPRISE UTILISATRICE DES CONTRAINTES LIÉES À L’UTILISATION DES PPE

Intermediaire

L'employeur est une structure intermédiaire en charge de la gestion des PPE.


c. Rentabiliser l’embauche des demandeurs d’emploi

Une autre question se pose concernant le coût du salarié nouvellement embauché : l’entreprise utilisatrice doit non seulement dégager une marge complémentaire équivalente au salaire et aux charges sociales afférentes mais aussi une marge supplémentaire pour amortir les autres dépenses liées à cette embauche : les matières premières utilisées, l’énergie consommée, le matériel acquis pour lui permettre de travailler,...

Autant le coût du salarié lui-même devrait être épongé par une marge issue des ventes réalisées en PPE, donc pour des produits acquis en PPE par des demandeurs d’emploi ou ex-demandeurs d’emploi, autant les fournisseurs non agréés devraient être payés en euros, avec une marge réalisée en euros auprès d’une clientèle autre. C’est la raison pour laquelle les produits écosphères pourront être proposés également à une clientèle autre que celle des demandeurs d’emploi ou ex-demandeurs d’emploi remis au travail. Ce principe est explicité dans le schéma suivant.


EXEMPLE CHIFFRE

Employeur

Couvrir au mieux les besoins des ménages


Par ailleurs, on peut remarquer que le grand nombre de demandeurs d’emploi à convaincre est directement lié à l’existence d’une unique entreprise (une boulangerie) écosphère et à la disponibilité des seuls produits de boulangerie qui ne représentent que 2 % des dépenses moyennes des ménages. Plus la diversité des produits écosphère sera élevée, en alimentation comme pour le reste des autres postes de dépenses, moins il faudra trouver de demandeurs d’emploi à convaincre. Une entreprise qui assurerait par exemple la fourniture de tous les produits alimentaires nécessaires et qui couvrirait ainsi 20 % des dépenses de consommation du ménage, ne devrait plus convaincre que 14 clients, dont 9 demandeurs d’emploi et 5 autres personnes. Une mesure de l’impact du recrutement d’un demandeur d’emploi sur les comptes de résultats de l’entreprise est proposée en annexe 2.

d. Convaincre les demandeurs d’emploi

Les demandeurs d’emploi remis au travail ne doivent pas se sentir différents des autres salariés et des autres clients. C’est la raison pour laquelle les achats se feront non pas dans des lieux réservés mais dans les commerces, les drives ouverts à tous. Les produits proposés aux demandeurs d’emploi seront des produits de marque, fabriqués avec autant d’exigence que les produits des autres grandes marques. Ils pourront être acquis par tous les clients, autant ceux qui règleront en € que ceux qui règleront en PPE.

Le client passera sa carte en PPE comme n’importe quel client peut passer une carte prépayée, une carte bancaire, une carte de fidélité.


LA SOLUTION DU PONT DE VUE DU SALARIÉ

Salarie

Disposer d'une carte de paiement en PPE


e. Les technologies utiles

Techniquement, la solution présente peu de difficultés pour le salarié utilisateur de la monnaie en PPE. Cette monnaie est totalement virtuelle, aucune pièce, aucun billet ne sont nécessaires.

Salarié dans une entreprise agréée, le nouveau travailleur signe une convention avec l’entreprise intermédiaire qui définit son niveau de revenu en € et en PPE. Cette répartition est fonction des goûts, des besoins du salarié mais également des produits écosphères disponibles sur le marché.

Des grilles sont établies afin de préciser les quantités moyennes consommées selon la taille du ménage, la région. Un minimum d’implication du salarié pourra être imposé pour entrer dans le dispositif. Priorité sera donnée aux salariés acceptant d’être rémunérés en PPE pour la majorité des produits disponibles.

L’entreprise intermédiaire répartira le revenu en deux parties dont l’une sera versée sur le compte bancaire classique du salarié (en €) et l’autre sur le compte en PPE du salarié. Le salarié, avec son numéro de carte et un mot de passe, accèdera au site de commande en ligne des produits écosphères de sa région. Il indiquera son point de retrait de marchandises. Sa carte sera automatiquement débitée du nombre de points correspondant à ses achats. Arrivé au drive pour retirer sa marchandise, sa carte sera lue par un lecteur de code barre, de QR code ou de puce RFID, ce qui lui permettra de se faire remettre les produits achetés en ligne.

S’il se rend chez un commerçant agréé, la carte sera immédiatement reconnue par le lecteur RFID (ou QR code ou code barre) du commerçant. La carte sera automatiquement débitée du nombre de points correspondant à ses achats. Enfin, le salarié et sa famille auront tout intérêt à consommer les produits étiquetés écosphères car ils ne pourront pas utiliser leurs PPE pour des achats de produits en euros ; non seulement cela ne sera pas perçu comme une contrainte mais ce sera plutôt valorisant puisque les produits écosphères seront des produits de qualité, écologiques, citoyens.

f. En résumé

Au final, les 6 à 13,5 millions de nouveaux clients (6 millions de chômeurs et leur famille) disposeront d’un revenu en PPE et en euros, même s’ils ne travaillent dans un premier temps que pour une entreprise de l’économie sphérique. Ils pourront gagner davantage d’euros soit en travaillant par ailleurs pour des entreprises du secteur concurrentiel actuel, soit en participant au développement de l’économie du partage et de la connaissance. Cette double voire triple source de rémunération leur permettra dans tous les cas d’accéder à tous les produits et services disponibles sur les marchés.

Les fabricants seront dispensés de tenir une double comptabilité en € et en PPE. Seuls les commerçants devront accepter les deux monnaies. Les fabricants agréés pourront développer des activités avec le reste du monde à condition de progresser dans le respect de l’environnement et des populations extérieures.

Reste à mettre tout cela en pratique de façon à créer des emplois à proximité des secteurs géographiques qui enregistrent le plus grand nombre de chômeurs de longue durée, à favoriser les circuits courts, à assurer un niveau de vie correct à tous sans détruire l’environnement.

Notons qu'à partir du moment où les unités de productions feront appel à des fournisseurs également agréés écosphères, l'ensemble des transactions pourront se faire en PPE et la diffusion des PPE dans l'ensemble des entreprises s'accélérera.


LE MODÈLE ÉCONOMIQUE GLOBALISÉ POUR LES PRODUITS

Modèle économique pour les produits



LE SCHÉMA DE PRINCIPE DE L’ÉCONOMIE DU PARTAGE ET DE LA CONNAISSANCE

Modèle économique pour la connaissance


L’Économie de la connaissance, bien que présentée de façon un peu différente, fonctionne selon les mêmes principes. Les clients peuvent régler dans la monnaie dont ils disposent (euros ou PPE). L’apprentissage d’une discipline peut se faire dans le cadre de l’éducation nationale ou de structures privées agréées par l’État (MOOC par exemple) si la formation doit déboucher sur un diplôme reconnu, en vue d’accéder à un nouveau métier. Dans ce cas, les cours en ligne accessibles à tous seront complétés le cas échéant par des travaux pratiques sur le terrain. Les relais locaux seront des espaces de formation locaux, des espaces de coworking, ou toute autre structure comme des associations sportives, culturelles, des ateliers partagés, des AMAP,... désireuses de s’impliquer dans cette nouvelle économie.

Les clients peuvent être des demandeurs d’emploi, des salariés, des étudiants, des retraités. Chacun doit pouvoir acquérir tout au long de sa vie les connaissances qui l’intéressent. Le MOOC est en quelque sorte le magasin des formations. Il peut donc recevoir directement les PPE de ses clients salariés d’une entreprise écosphère comme il peut recevoir des euros de l’autre partie de sa clientèle.

Dans le cas où la personne souhaite simplement connaître un nouveau domaine pour pouvoir échanger avec des amis passionnés par le sujet ou pour en faire un loisir, il pourra bien-sûr s’adresser directement au représentant ou aux animateurs du relais local.

Dans le cas où la personne parvient à un certain niveau de compétences dans le domaine, il pourra devenir lui-même formateur local ou contributeur national et en tirer une nouvelle source de revenus. Si le MOOC veut bénéficier de l’agrément «écosphère» le contrat devra passer par Pôle emploi qui sera toujours l’employeur et qui déléguera le salarié dans le MOOC utilisateur.

Le salarié pourra également exploiter ses nouvelles connaissances et compétences dans le cadre d’un changement de métier si le niveau atteint le permet, voire créer sa propre entreprise.

Sources et compléments d'information

[8] Monnaies locales et monnaies virtuelles
Les monnaies locales sont légales. Parmi les dernières nées en France. L’Edit et la Gonette en région Rhône-Alpes, La Nomaille en Haute-Normandie, L’Osrea en Aquitaine... À ne pas confondre avec les monnaies virtuelles, surveillées de près par l’État car susceptibles de servir à des fins frauduleuses, de blanchiment ou de terrorisme. Exemple le bitcoin. Source :
http://www.economie.gouv.fr/rapport-sur-monnaies-virtuelles-2014

[9] Les Systèmes d’Échanges Locaux
À la suite des crises suscitées par le capitalisme, plusieurs expériences de lancement d’une monnaie locale ont eu lieu, s’appuyant sur l’ouvrage de Silvio Gesell (1862-1930) : « L’ordre économique naturel » Source :
http://seldefrance.communityforge.net/node/8

[10] La vocation des ESAT
Permettre aux personnes handicapées qui n’ont pas acquis assez d’autonomie pour travailler en milieu ordinaire, y compris en entreprise adaptée ou de façon indépendante, d’exercer un travail dans un environnement protégé. Source :
http://www.sanitaire-social.com/annuaire/etablissement-et-service-d-aide-par-le-travail-esat/27

[11] Du management participatif au management coopératif -
Coopérer pour construire et donner du sens au management. Source :
http://www.creg.ac-versailles.fr/spip.php?article625

[12] Les SCOP : distinguer SCOP et SCIC. Source :
http://www.les-scop.coop/sites/fr/les-scop/qu-est-ce-qu-une-scop.html