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Chap.6 Pilotage et diffusion du mouvement écosphère



1. Le pilotage du mouvement écosphère

a. Création de l'association nationale "Pour une économie sphérique" porteuse du projet.

Cette association sera chargée d'organiser les conditions d'un lancement réussi de l'économie sphérique sur le territoire national ; elle devra

  • Assurer les relations avec les partenaires nationaux : Etat, régions, Pôle emploi, pour obtenir les autorisations et conditions nécessaires à la mise en place des premiers tests, puis à l'extension de la solution au plan national.
  • Trouver les financements nécessaires à la réalisation de la solution internet, au montage et au fonctionnnement du projet.
  • Tester le projet à l'échelle d'un basssin d'emploi ou d'un départemeent afin d'optimiser la méthodologie de mise en place de l'économie sphérique sur un territoire. Ecrire cette méthodologie afin de la transmetttre aux futures associations locales qui permettront d'étendre l'économie sphérique à l'ensemble du territoire.
  • Accompagner la création des associations locales : informer et proposer aux structures concernées dans chaque région de cosntituer une association pour lancer, piloter et animer le projet au niveau leurs bassins d'emploi. Missions et compétences attendues : gestion de projet, appels d’offres, organisation et animation de réunions de chefs d’entreprises et de chômeurs, gestion des relations avec les partenaires, maniement des statistiques, pilotage de projets informatiques, management d’une association et/ou d’une entreprise.

b. Les associations "Pour une économie sphérique" locales

Ces associations locales devront :

  • Gérer les relations avec les partenaires locaux : collectivités locales, entreprises, Pôle Emploi, demandeurs d'emploi... pour parvenir à convaincre et à impliquer l'ensemble des acteurs dans la mise en place de la solution au plan local.
  • Déployer, piloter, suivre et animer la solution au plan local en s'aidant de la méthodologie et autres conseils fournis par l'association nationale"

Méthodologies envisagées pour le premier test du projet

La première condition à vérifier est de savoir si les demandeurs d'emploi sont prêts à recevoir une partie de leur salaire en Points pour l'emploi. Il faudrait donc qu'ils puissent constater par eux-même la largeur et la profondeur des gammes de produits qui leurs seront accessibles

L'idée sera donc de se rapprocher des réseaux locaux de l'Economie Sociale et Solidaire qui souvent rassemble des AMAP, des petits producteurs, des magasins spécialisés et qui peuvent représenter ensemble une offre intéressante. Cette offre pourra être visible sur papier mais de plus en plus souvent également sur internet ou dans un commemrce spécialisé membre du réseau. Un salon de l'ESS pourrait également constituer une vitrine intéressante pour informer les demandeurs d'emploi. Ceux-ci seront invités à composer leur panier habdomadaire type à partir de l'offre disponible.

Chacun des employeurs potentiels - petit producteur ou distributeur - définira les conditions nécessaires pour pouvoir embaucher un salarié à temps partie, en particulier les quantités de produits supplémentaires à écouler.

Il restera alors à comparer pour chaque employeur potentiel, les paniers d'achat récoltéss et de l'autre, les quantités à atteindre pour rentabiliser une embauche

Les AMAP - Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne - sont destinées à favoriser l’agriculture paysanne et biologique, qui a du mal à subsister face à l’agro-industrie. Le principe est de créer un lien direct entre producteurs et consommateurs, ces derniers s’engageant à acheter la production à un prix équitable et en payant à l’avance. Les AMAP sont donc impliquées dans des circuits courts, sont engagées dans la fourniture d’aliments sains, produits dans le respect de l’homme, de la biodiversité et du rythme de la nature. Elles acceptent souvent les monnaies locales mises en place par les acteurs de l’Économie Sociale et Solidaire.
Il suffirait alors que les chômeurs du bassin d’emploi concerné acceptent que la part de leur rémunération consacrée aux produits alimentaires (pain, viande, œufs, lait...) leur soit versée dans la monnaie locale déjà acceptée par l’AMAP. La multiplication des demandes auprès de l’AMAP devrait conduire celle-ci à se développer et à développer l’activité de chacun des producteurs, et donc avoir un effet direct sur l’emploi.
Enfin, la mise à disposition des produits pourra être optimisée via un drive ou un magasin partenaire de l'AMAP (Réseau Biocoop par exemple). Cette approche permettrait de tester l’efficacité du projet, de mesurer son impact sur l’emploi et de faciliter la prise de décision quant à l’extension du projet.

APPLICATION DE LA SOLUTION AU MONDE AGRICOLE - PRODUCTION ET ÉCHANGES DE PRODUITS

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Cette solution ne peut constituer la solution définitive à diffuser au plan national, même si elle était reproduite sur chaque bassin d’emploi car, basée sur des monnaies très localisées, elle ne peut concerner que des produits alimentaires de base. Elle ne permettra pas les échanges intra-régionaux et interrégionaux qui seraient nécessaires pour les produits et services plus impliquants. De la même façon, le site internet national ne pourra pas exister, le choix entre différents points de retraits des marchandises ne sera pas possible ; il ne sera pas possible de garantir des débouchés suffisants aux entreprises qui auraient besoin d’une clientèle régionale ou nationale... Au niveau local, les résultats de ce test seront certainement moins bons que pour un test complet dans la mesure où toutes les facilités prévues dans le cadre du dispositif complet ne seront pas disponibles : commande en ligne, choix du lieu de retrait, disponibilité des produits,... mais ils devraient toutefois faciliter la prise de décision.

Mettre en place l’économie du partage et de la connaissance
l’AMAP peut également servir de test à ce niveau. Les demandeurs d’emploi s’inscriraient à des formations en ligne pour acquérir de nouvelles connaissances, par exemple en jardinage ou maraîchage, moyennant une contribution en PPE. Le relais local pour les travaux pratiques serait une AMAP, qui deviendrait un espace de coworking du monde agricole. Ceux qui iraient jusqu’au diplôme pourraient postuler pour devenir animateur de l’AMAP; ils auraient également la possibilité d’enrichir les formations en ligne avec leurs contributions propres. Ils seraient à leur tour rémunérés par ceux qui suivent leurs formations en réel ou en virtuel. Cette activité constituerait donc une seconde source de revenu, en même temps qu’une seconde occupation pour les demandeurs d’emploi.


PRODUCTION ET ÉCHANGES DES CONNAISSANCES

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c. Conduite et évolution du projet

Les tests de mise en place de ce projet aboutiront certainement à en modifier certains aspects, certaines propositions, à préciser de nouvelles règles ou limites. Ces évolutions ou adaptations devront toutefois rester conformes aux principes et valeurs de l'économie sphérique :

  • Respecter l’intérêt de chacun des acteurs de la filière
    Qu’il soit ouvrier, dirigeant, sous-traitant ou client, chacun des acteurs de la filière devra percevoir une juste rémunération. L’écart des rémunérations sera nécessairement moindre que dans la sphère purement concurrentielle. Un écart de 1 à 20 entre le salarié le moins payé et le plus haut dirigeant pourrait être un point de départ pratique. Moins d’écart, c’est moins de sentiment d’injustice et au final, une meilleure ambiance de travail, du personnel plus impliqué, plus responsable, de meilleurs résultats. De même, toute pratique visant à compléter le revenu du dirigeant sera rigoureusement encadrée.

  • Préserver l’environnement
    - Privilégier les circuits courts : les produits fabriqués dans une région seront élaborés autant que possible avec des ressources locales, ils seront vendus en priorité sur ce territoire, surtout pour les produits du quotidien ;
    - Limiter la publicité papier : favoriser les supports virtuels pour valoriser les produits et les points de vente Pôle emploi ;
    - S’approvisionner localement de préférence ou, en cas d’impossibilité, veiller au respect de l’environnement et à la rémunération correcte des salariés dans les pays étrangers ;
    - Préserver les ressources de la planète et, pour ce faire, revenir à des composants durables, démontables, remplaçables et des produits finis réparables et recyclables ;
    - Utiliser au maximum des énergies vertes, générer le moins de déchets possible.

  • Préserver l’homme
    L’économie capitaliste pousse l’homme au burn-out. Le stress permanent engendré par cette façon de faire, qui peut conduire à la dépression ou à la délation de son voisin, est tout simplement inhumain. Certaines personnes naturellement empathiques jouent souvent un rôle constructif dans l’entreprise. Elles passent du temps à renseigner les nouveaux arrivés, à les accompagner dans la prise en main de leur nouveau poste de travail, à les rassurer parfois. Au final, elles contribuent à la bonne intégration des nouveaux, à la réduction du turn-over et des arrêts maladie... Dans les Unités écosphères, ces personnes qui transmettront leur savoir et leur savoir-faire aux autres seront reconnues, valorisées, récompensées, tout comme celles qui apporteront des idées nouvelles qui font progresser l’entreprise, ceci à tous les niveaux : du chargé d’entretien des locaux jusqu’au dirigeant.

2. Diffuser les valeurs de l’économie sphérique à l'ensemble du tissu économique

Développer une économie sphérique avec des PME et des TPE peut conduire à supprimer le chômage et ses méfaits, à réduire la pauvreté pour 6 millions de demandeurs d’emploi mais que deviennent les autres salariés et les grandes entreprises ?

Les grandes entreprises nationales, PSA, Renault, Michelin, EDF, les multinationales comme Airbus… ont besoin des marchés extérieurs pour continuer à vivre. La recherche sur la médecine, les maladies, la santé, l’éducation, la formation, les énergies propres, la conquête de l’espace nécessitent des moyens importants et une coopération internationale.

Il ne s’agit pas de supprimer les grandes entreprises, il faut les amener à évoluer dans leurs pratiques pour que les profits soient orientés davantage vers le partage que vers l’enrichissement individuel d’une minorité d’actionnaires et de dirigeants et pour qu’elles agissent dans le respect de l’environnement. Plusieurs leviers sont envisageables :


a. Le choix des consommateurs : un bulletin de vote quotidien

C’est d’abord par le choix des consommateurs que les choses peuvent changer. Porsche conçoit et exporte vers la Chine des véhicules électriques, preuve que la pollution peut être aussi une préoccupation des grandes entreprises, y compris des firmes automobiles, et que la demande peut-être un moteur et un guide pour l’économie. Autrement dit, il faut acheter ce que l’on croit bon pour soi, pour les autres, pour l’environnement.

La rémunération des actionnaires et des grands patrons peut et devrait aussi influencer les consommateurs. Est-il raisonnable d’acheter un véhicule sachant que le dirigeant de la marque en question gagne 7,2 millions par an pour un mi-temps, auxquels s’ajoutent 8 millions annuels de rémunération comme patron d’une autre marque ? Qui mérite de gagner près de 800 fois le SMIC ? Quels sont les niveaux de revenus des actionnaires qui valident de telles rémunérations ?

La même logique vaut pour le respect ou non-respect de l’environnement, des droits de l’homme, du niveau de rémunération minimum des ouvriers,... en France ou ailleurs.

Choisir une marque ou un fournisseur, c’est voter pour le modèle de société que l’on défend. Le choix du consommateur est un bulletin de vote. À chacun de choisir en son âme et conscience. Aujourd’hui, nombre de médias ou de lanceurs d’alertes nous informent des aberrations du système. Si chacun se doit d’être vigilant et de savoir réagir en conséquence, il sera pour autant indispensable d’installer un dispositif de contrôle et de régulation.


b. Des traités internationaux pour imposer les valeurs de l’économie sphérique

Les traités internationaux devraient aujourd’hui se concentrer sur le développement équitable des richesses, sur le partage des connaissances, sur la protection des hommes, de la nature, de l’environnement et non sur la libéralisation des échanges et la liberté d’agir des grands groupes. Pour y parvenir, il serait bon que l'économie sphérique soit défendue par des présidents, des gouvernements, des députés européens,... et qu'ensemble, ils parviennent à préparer, à signer et à respecter des traités internationaux dans tous ces domaines :

  • La régulation de la finance
    Les gains issus de la spéculation doivent être limités et interdits sur les produits alimentaires de base. La mise en place d’une taxe sur les produits financiers permettra de réorienter les investissements vers des projets de développement.

  • La fiscalité
    La meilleure solution pour éviter l’évasion fiscale serait d’harmoniser la fiscalité entre les États.

  • Les conditions de travail et de rémunération
    Des conditions de travail minimales pourraient être définies, qui s’appliqueraient aux salariés (niveaux de rémunération, de protection sociale, durée de travail maximale,...) alors que des conditions maximales de rémunération viendraient limiter la rémunération des actionnaires et dirigeants.
    Une harmonisation de ces conditions devra être recherchée entre pays d’un même continent ou d’une zone comme l’Europe, afin d’éviter une course à la baisse des rémunérations à l’intérieur même de la zone en question, ainsi que l’évasion des cerveaux vers les pays plus accueillants. Une réduction progressive des écarts de revenus entre les pays du Nord et les pays du Sud s’impose également.

  • Orienter les efforts de recherche et les projets européens ou mondiaux
    Tout ce qui concourt à l’évolution de la recherche fondamentale et appliquée dans les domaines de la santé, de la médecine, des énergies renouvelables et les grands projets industriels qui pourront en découler (station spatiale internationale, voyage vers Mars,...) doivent pouvoir être soutenus et cofinancés par les États, les banques, les entreprises, les particuliers. L’accumulation des richesses devrait servir à améliorer le monde, pas à le détruire. Aussi, chacun pourra participer aux grands projets de la société et devenir actionnaire de ces grands projets.

  • Protéger l’environnement, encore et toujours.
    L’exemple des accords de Paris, signés dans le cadre de la Cop21 sur l’environnement, permettront de voir dans quelle mesure les pays se sentent réellement engagés par ce type d’accords et s’ils sont capables de tenir leurs promesses. Reste après à chaque État à mettre en place un organisme de contrôle, de régulation, de sanction pour contraindre les entreprises à accepter ces nouvelles règles du jeu. On l’a vu au sujet des paradis fiscaux (les banques qui continuent en 2016 à favoriser l’évasion fiscale de leurs clients après avoir juré ne plus le faire), du patrimoine détenu par les responsables politiques (qui oublient de déclarer une partie de leur patrimoine), des intérêts et participations croisés des responsables politiques ou de leurs conseillers dans les grands groupes, des fausses déclarations de la pollution émise par les véhicules, des pratiques douteuses des dentistes,… La vérité ne s’étale pas au grand jour spontanément. Les acteurs concernés n’avouent et ne changent que sous la contrainte, suite à une dénonciation, suite aux révélations de lanceurs d’alertes ou d’organisations non gouvernementales (Greenpeace qui dévoile le contenu du projet de traité transatlantique),…

c. Un nouveau parti politique pour développer l'économie sphérique

Les mouvements alternatifs, des indignés à nuits debout, faute de réussir à dégager un projet partagé, faute de réussir à s'entendre sur le choix d'une équipe pour piloter l'évolution de la Société sont en train de s'étouffer. Le mouvement écosphère, pour s'imposer à nos Etats, à nos économies, doit être porté par une équipe et par une personnalité présidentiable. C'est par les bulletins de vote que l'économie sphérique doit réussir à prndre sa place au niveau national puis international. Ensuite, il sera aisé de faire évoluer la démocratie pour qu'elle devienne plus participative puisque les dirigeants seront acquis à la cause.

Les peuples devront rester vigilents, impliqués et souverains. Ce sera bien aux populations du monde de juger si leurs dirigeants sont dignes de confiance ou non, de voir quels engagements sont pris et de vérifier d’année en année s’ils sont tenus. Chacun devra rester vigilent, impliqué dans la démarche pour que les valeurs de l'économie sphériques deviennent naturelles, évidentes et finissent par devenir la norme pour tous. La démocratie, aidée par les nouvelles technologies, est un outil dont il ne faut pas se priver car c’est certainement le plus efficace pour voir s’imposer un jour les évolutions attendues. Les intérêts en jeu sont si conséquents que rien ne se fera facilement. La naissance d'un nouveau parti est un pari qui n'est pas gagné d'avance mais c'est une bataille qu'il faut engager au plus vite.


3. Vocabulaire utilisé

Cette nouvelle économie est d’abord parallèle dans le sens où les deux systèmes économiques fonctionneront côte à côte au moins temporairement. C’est aussi une économie alternative car les valeurs sur lesquelles elle repose sont très éloignées des valeurs de notre système économique actuel. C’est une économie durable, basée sur le respect de l’homme et de la nature. C’est une économie circulaire au niveau écologique mais également au niveau économique, social et culturel : le système s’autoalimente et s’auto-entretient sans laisser de côté des tonnes de déchets, ni des millions de chômeurs, ni des millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, en France ou ailleurs. Voici pourquoi nous avons qualifié de sphérique ce nouveau système économique.

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