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Chap.4 - Développer une vision à long terme des activités humaines
pour aller vers une économie du partage et de la connaissance.



1. Changer, une urgence vitale.


La croissance des économies « modernes » s’est faite d’abord au détriment des pays pauvres. Elle se fait à présent au détriment de tous. La pauvreté se développe dans les pays riches comme dans les pays en développement. La pollution, les maladies ou la violence également.

Tous les privilégiés se crispent à la moindre tentative de faire évoluer le système ; les pays d’Europe et les USA veulent préserver leur niveau de vie et leur mode de développement ; les grandes sociétés veulent conserver leur mainmise sur les pays en développement, les entreprises veulent tirer profit le plus longtemps possible de leur savoir-faire et continuer à fabriquer et à vendre des produits polluants, à faire recycler leurs déchets toxiques dans les pays pauvres.

Les intérêts à court terme l’emportent encore sur la vision à long terme de l’humanité. Pourtant, cette crise n’est pas une crise comme en a déjà connu le système capitaliste ; c’est celle qui donne l’alerte à la planète tout entière. Non seulement le système capitaliste mondial est à l’agonie, mais la planète elle-même et le genre humain sont en danger. Il est urgent de parvenir à réorienter les activités humaines, de donner un sens différent à la vie, de veiller à protéger notre environnement, de replacer l’homme au centre de nos préoccupations. La norme ISO 26000 de 2010 relative à la responsabilité sociétale des organisations constitue certainement aujourd'hui le meilleur guide des bonnes pratiques pour les entreprises désireuses d'avancer dans ces directions ;

Nous ne sommes toujours pas sortis de la crise que des signaux forts commencent déjà à retentir : des masses considérables d’arent, des milliards de milliards d’euros et de dollars circulent à travers le monde sans aucune garantie. La plupart des États sont endettés bien au-delà de leurs capacités de remboursement.

Certains experts[1] prévoient déjà l’éclatement de nouvelles bulles financières. 10 millions de chômeurs en France, c’est possible aussi, peut-être même dès demain !


2. Un ordre planétaire pour protéger l’homme et la nature


a. La recherche de solutions durables et équilibrées

Le développement devra reposer non plus sur la domination et l’exploitation sans limite d’un milieu et de sa population afin d’en tirer le maximum de profit à court terme mais sur une vision à long terme de l’évolution de la planète et des activités humaines.

Les changements sont urgents et doivent être engagés avec détermination. Plus on tardera à évoluer, plus les situations seront désespérées, plus la réaction des populations sera violente et incontrôlable.

Pour parvenir à imposer cette vision à long terme, il faudra parvenir à mettre en place une sorte de gouvernement planétaire, capable de veiller :

  • à la préservation de la planète et des ressources naturelles,
  • à la protection de l’homme et des autres espèces animales ou végétales,
  • à une meilleure répartition des richesses entre les hommes,
  • à ce que chacun puisse accéder à la connaissance, aux savoirs, tout au long de sa vie,
  • à l’interdiction de toute pratique conduisant à l’appauvrissement de certains pays, de certaines populations.

Ne rien changer dans ces domaines est un crime contre l’humanité ! Le monde économique de demain devra être un monde écologique et humain.

L’UNESCO - L’Organisation des Nations unies pour l’Éducation, la Science et la Culture, le G20 et le G87, la COP21dans le domaine du climat sont des avancées vers ce type d’organisation planétaire qui favorisent la prise de conscience et la prise de décisions. Bien sûr, les efforts doivent se concrétiser par des actes, se poursuivre, s’accélérer, se généraliser à tous les secteurs, à tous les pays et vite, très vite.


b. Un monde plus écologique

Après avoir refusé de signer le protocole de Kyoto au Japon en 1997, qui visait à réduire les émissions de gaz à effet de serre, le président des États-Unis Barack Obama a finalement pris l’engagement en 2015 de réduire de 30 % les gaz à effet de serre émis par les États-Unis d’ici 2030. La COP21 qui s’est tenue en France quelques mois plus tard s’est terminée après un travail acharné de plusieurs semaines sur un accord historique entre les 195 pays participants plus l’Europe.

Les technologies, les pratiques les plus polluantes, les plus énergivores, les plus destructrices de l’environnement doivent être totalement et définitivement abandonnées, dès que possible, ceci dans tous les pays du monde. Les produits rendus volontairement non réparables ou à durée de vie volontairement limitée ne doivent plus exister. Le gaspillage alimentaire doit être évité. La compétition automobile doit être réservée aux véhicules propres pour favoriser et faire avancer la recherche dans ces domaines...

À l’opposé, il faut favoriser les solutions pour produire, distribuer, consommer « vert ». Tout comme certaines forêts sont créées et entretenues pour assurer l’approvisionnement en bois, chaque matière consommée devrait conduire à une recherche de solutions de renouvellement. De la même façon, les réflexions avancent sur le problème du traitement des déchets comme les bouteilles et les sacs plastiques. La question du nucléaire est plus complexe, surtout pour la France qui a tout misé sur cette technologie. Comment abandonner alors que des super-centrales sont en construction en France ou en Chine, que des marchés considérables ont été conclus, que des montants faramineux ont déjà été engagés ?

Fin 2016 : la pollution atmosphérique cause en moyenne chaque année la mort prématurée de 7 millions de personnes dans le monde dont 600 000 en Europe et plus de 50 000 en France, selon l'Organisation Mondiale de la Santé, le Ministère de l'environnement et l'Agence Européenne pour l'Environnement. Source : notre-planete.info

A La compétition internationale entre les Pays devrait succéder la coopération internationale ; coopération pour produire mieux, pour produire de façon écologique, durable. Le partage du travail et la réduction du temps de travail sont des idées simples pourr lutter contre le chômage et la pollution mais irréalistes dans le monde concurrentiel actuel. La Chine qui accueillait le G20 les 4 et 5 septembre à Hangzhou, dans l'est du Pays, a contraint de nombreuses usines à fermer en amont du sommet et imposé 12 jours de vacances aux travailleurs afin de réduire la pollution et de s'assurer d'un ciel bleu durant la rencontre. A Pékin, les niveaux de pollution de l’air sont en moyenne sur l'année sept fois supérieurs aux normes de l’OMS.

Ne faut-il pas mieux répartir le temps de travail, gérer convenablement un temps de travail annuel à l'échelle planétaire ? La cause environnementale nous donne la raison et la chance de travailler ensemble plutôt que de travailler contre les autres.

 


c. Un monde plus égalitaire, plus humain

Les rémunérations les plus fortes devront disparaître au profit d’une répartition des revenus plus juste, plus mesurée, mieux partagée. La société doit être organisée non pas au service de quelques-uns, privilégiés, mais à celui de l’ensemble de la population mondiale.

L’entreprise qui se préoccupe des conditions de travail de ses salariés, qui respecte les droits de l’enfant, qui offre une couverture sociale (santé, retraite,…), un niveau de rémunération correct, qui limite la pénibilité des postes de travail, la dangerosité des tâches à effectuer, ne doit pas être désavantagée sur les marchés internationaux. Des limites, de plus en plus fortes, devraient être imposées pour qu’il devienne non rentable d’importer des produits fabriqués dans des conditions inhumaines à l’étranger. De même, il devrait être interdit d’installer une entreprise à l’étranger pour effectuer du dumping social ou environnemental.

Il faut que progressivement, l’organisation ou l’entreprise qui respecte l’homme et l’environnement « s’enrichisse » davantage que celui qui adopte un comportement inverse. Les échanges internationaux et les mouvements de capitaux ne devraient être possibles qu’entre les pays respectant le même niveau de contrainte sociale et environnementale.

La spéculation n’apportant aucune valeur ajoutée réelle doit devenir totalement illicite, ceci en priorité sur les produits alimentaires de base. Les banques doivent se recentrer sur leur métier : collecter et prêter des fonds pour faire fonctionner l’économie et non pour spéculer.

Pour réduire les risques de crises monétaires et financières, les grands États du G20 progressent dans la mise en place d’une nouvelle maîtrise des fonds spéculatifs, des produits dérivés, des paradis fiscaux. Un contrôle qu’il faut étendre, généraliser et maintenir dans le temps ; les règles de fonctionnement du système monétaire international, imposées par Roosevelt au lendemain de la crise de 1929, ont permis aux États-Unis et au monde occidental de connaître, de 1950 à 1971, une longue période de développement sans crise monétaire.

On sait trop bien aujourd’hui ce que nous a coûté l’assouplissement ou l’abandon de ces règles depuis les années 80.

Les liens entre certains États et en particulier le Luxembourg et les multinationales avaient été révélés en 2014 par la publication de centaines d’accords permettant à ces entreprises de venir s’installer sur le territoire en bénéficiant d’une fiscalité quasi nulle. Des révélations qui avaient contraint les États les plus concernés à faire évoluer leurs pratiques.

Les dernières révélations de 2016 sur la participation des banques à l’évasion des capitaux vers les paradis fiscaux, donc au blanchiment de l’argent, montrent clairement la résistance à laquelle nous devons nous préparer, les États étant prêts à tenir un double langage pour continuer à attirer les multinationales.

Le FMI et la Banque Mondiale, qui ont mis à genoux nombre de pays en développement, semblent revenir à de meilleures intentions en décidant de réduire ou d’annuler la dette de pays en développement les plus pauvres des plus pauvres. Faut-il attendre que ces pays arrivent dans cette situation pour se décider à agir ?


3. Partager, inventer, redonner du sens


a. Partager le management et les résultats de l’entreprise

Depuis les années 2000, la recherche du profit à court terme, voire immédiat, a détruit la capacité d’innovation des entreprises. Les décideurs sont devenus des réducteurs de coûts et des réducteurs de têtes. Leur préoccupation n’est plus de développer l’entreprise, ni d’innover en lançant des produits nouveaux ou en intéressant de nouveaux marchés, ni même d’éviter le gaspillage des ressources mais bien de réduire les coûts de main d’œuvre, d’approvisionnement, de fabrication, de distribution, pour accroître au final la rémunération du dirigeant ou des actionnaires.

Chaque secteur de l’entreprise est étudié à la loupe ; un contrôle permanent et systématique est exercé sur chaque poste de travail pour traquer la moindre défaillance, quitte pour cela à embaucher de nouveaux contrôleurs, qui devront bien à un moment donné justifier eux-mêmes de l’intérêt de leur poste en proposant des réductions de coûts et d’effectifs.

La division des tâches, le chronométrage de chaque action à accomplir d'abord imposés à l'ouvrier au début du 20 ème siècle se sont étendus à l'ensemble des secteurs d'activité, en particulier dans le domaine des services et à l'ensemble des catégories professionnelles, employés ou cadres de l’entreprise. Chacun passe désormais une bonne partie de son temps à rendre des comptes, à remplir des formulaires, des tableaux pour justifier du temps passé à telle ou telle activité. Les dirigeants, souvent déjà éloignés de leur clientèle sont désormais aussi éloignés de leurs salariés ; les décisions sont prises sur l'observation de chiffres, de statistiques, sans échange avec les équipes ou les personnes concernées. Ce sentiment de contrôle permanent et à distance engendre un stress, une perte de confiance, une ambiance de travail totalement improductifs. C’est le règne de la pensée unique pour tous dans l’entreprise et dans beaucoup d’entreprises. Il faut tout accepter, avancer, foncer sans réfléchir.

Tout aussi surprenante, cette idée qui voudrait que la bonne idée soit ailleurs : la priorité a été donnée au copiage des idées des autres via une vision réduite de l’intelligence économique : observer ce qui se fait ailleurs pour ne pas avoir à inventer soi-même. Ce faisant, l’innovation s’est tarie. En empêchant l’homme d’inventer, en restreignant sa liberté d’expression, en le plaçant en position de spectateur plutôt que d’acteur, les entreprises ont coupé le robinet de la motivation, de l’imagination, de la créativité, de l’innovation. Dès lors, comment s’étonner du manque d’entraînement de l’économie, du déclin de la consommation ? Associée à la perte de pouvoir d’achat, la spirale ne peut être qu’à la dépression.

Le management participatif qui bien souvent caractérise les entreprises de l’économie collaborative constitue évidemment un bon remède à cette problématique. Chacun dans l’entreprise est amené à apporter ses idées, à proposer de nouveaux projets, à s’impliquer dans son travail et à bénéficier des résultats de l’entreprise qui sont redistribués. Nous retiendrons ces bonnes idées dans la phase d’élaboration de notre nouveau modèle de Société.


b. Inventer les produits et les marchés de demain

Les hommes et les femmes des années 60 rêvaient de confort, de modernité, d’évasion, de liberté. Le tout entraînait la production et la consommation de masse dans une ambiance d’euphorie : développement du logement, de l’équipement ménager, de l’automobile, des voyages, des loisirs,…

Est-il possible d'inventer de nouveaux produits et services qui permettraient de relancer l’activité, de donner du pouvoir d’achat aux salariés, tout en préservant l’environnement ? L'expansion continue de la production et de la consommation par une population en croissance continue, sur une terre finie, n'est par définition pas possible.

Produire vert est déjà en soi un vaste chantier : exploiter l’énergie solaire, éolienne, marémotrice, hydraulique,… c'est déjà mieux mais cela ne suffira pas. Face à la raréfaction des ressources, à l'accroissement de la pollution, au réchauffement climatique, à la disparition des espèces vivantes, il faut changer de modèle, sortir du système économique actuel. La problématique de l'économie d'après guerre était de parvenir à produire suffisamment pour répondre aux besoins de tous ; 2 décennies plus tard, on a fini par fabriquer des produits non durables, non réparables, non recyclables, non évolutifs, bref des produits jetables pour continuer à produire davantage. Cette logique là doit être abandonnée ; les produits manufacturés doivent devenir durables, modulables, évolutifs, recyclables. Réorienter l'industrie dans ce sens permettra à l'humanité d'entrer dans une nouvelle ère.


c. Réinventer la place de l’homme dans la société

À l’individualisme doit succéder la valeur d’humanisme. Qu’est-ce qui distingue l’homme des autres espèces ? La capacité à communiquer, à apprendre, à comprendre, à inventer, à construire, à rire ou à pleurer, à échanger, à partager. Ce sont toutes ces valeurs-là qu’il faudra développer dans le monde de demain.

  • Revaloriser l’éducation, la formation et les enseignants :

On constate en Europe que plus le niveau d’études est faible, plus la proportion de travailleurs pauvres augmente. Parmi ceux qui sont allés le moins loin dans leurs études, 16,4 % sont des travailleurs pauvres, contre 7,7 % pour ceux qui sont allés jusqu’aux études secondaires et 3,5 % pour ceux qui ont suivi des études supérieures.

  • Pouvoir apprendre tout au long de sa vie :

Chacun devra pouvoir suivre les formations qui l’intéressent à l’âge où cela l’intéressera. Formations théoriques ou pratiques, peu importe, l’essentiel sera d’acquérir des connaissances, des compétences, des savoir-faire qui donneront envie d’en savoir encore plus, de progresser et de remporter des victoires, d’abord sur soi-même.

  • Reconnaître, valoriser, récompenser celles et ceux qui apportent le plus à l’humanité :

Les chercheurs en médecine, les médecins, les enseignants, les philosophes, les artistes qui nous aident à voir la vie autrement, qui nous ouvrent les yeux, qui nous font chanter, pleurer et rire, partager des moments de plaisir. Vous avez déjà assisté à un spectacle, un concert, un événement culturel, une soirée théâtre,... Vous avez remarqué avec quelle facilité vous entrez en contact avec ceux qui sont autour de vous ; vous avez remarqué alors l’enthousiasme de chacun, l’envie de partager, de rappeler à l’autre les moments les plus intenses vécus ensemble, en communion avec les artistes, chanteurs, musiciens ou acteurs ? On suivra l’exemple de ceux qui ont ouvert la voie, chacun à sa manière : Luc Besson dans son film «Lucy»[2] (2014), Mère Teresa, l’Abbé Pierre, les compagnons d’Emmaüs qui sont là tous les jours, toute l’année au service des autres, Coluche et les Restos du Cœur, les Enfoirés, tous ceux qui travaillent dans les associations humanitaires, caritatives, environnementales,... Il serait temps que ceux-là soient rejoints par tous les autres.

  • Prendre plaisir à ce qu’on fait, redonner du sens au travail :

On ne travaille bien, on ne pense bien, on n’invente bien, on n’apprend bien que si on se situe dans un contexte favorable, positif, constructif ; il faut prendre plaisir à travailler pour être productif. Si vous ne comprenez pas la tâche qu’on vous demande d’accomplir, si vous la faites sous la contrainte, si vous n’avez qu’une envie : passer à autre chose, il y a peu de chance que vous produisiez un chef d’œuvre. Avoir envie, prendre plaisir à faire quelque chose permet bien souvent de dépasser ses limites, à l’image d’un Yannick Noah qui gagne à Roland-Garros en 1983 et que le tennis français, ayant perdu la recette de la victoire, vient rechercher en 2015 ! Que dire de plus de Google, le géant de la planète qui offre à ses salariés des horaires libres, des salles de sport, de détente et tous les services nécessaires pour être bien au travail ? Google, numéro un mondial dans bien des domaines, précurseur, inventeur... Maintenant vous savez pourquoi !


4. Redonner du sens à l’existence et aimer.

[3]

Irréaliste diront certains ? Pas nécessairement. Imaginez un instant que vous ayez le choix, la fin du monde arrivant, de partir sur une autre planète inhabitée,

  • soit seul avec tous les produits dont vous pouvez rêver, une villa, une voiture et un bateau de luxe,… représentant une valeur totale de plusieurs millions de dollars
  • soit avec la personne de votre choix et du minimum nécessaire pour vivre.

Votre choix définitif sera certainement le second. L’homme est un animal social. Il a besoin de l’autre pour se réaliser et au final, il a autant besoin d’offrir que de recevoir, de partager et d'aimer.


a. Savoir offrir

Vous êtes peut-être doué dans votre métier ou dans des activités de loisirs comme le yoga, l’informatique, la mécanique, le jardinage, le maquillage,… Vous avez certainement plaisir à échanger sur ce sujet avec vos proches ? Imaginez qu’en plus, à partir de demain, vous soyez payé pour le faire : conseiller, montrer, aider, accompagner des personnes qui voudraient en savoir autant que vous dans ces domaines que vous maîtrisez. Plus vous communiquez votre connaissance, plus votre rémunération augmente. En transmettant votre savoir, vous enrichissez la société, vous permettez aux générations suivantes de progresser, d’avancer plus vite.


b. Savoir recevoir

Vous aimeriez en revanche avoir le temps d’apprendre, de parfaire vos connaissances dans un autre domaine qui vous intéresse : savoir jouer d’un instrument de musique, pratiquer de nouveaux sports, fabriquer de vos mains un produit, concevoir un projet en 3D, soigner des animaux, faire pousser des fruits ou des légumes ou installer un générateur d’électricité dans votre jardin pour produire votre propre énergie. Vous pourrez, avec votre rémunération, faire appel à un spécialiste du sujet qui vous guidera et vous aidera à progresser dans le domaine choisi, à réaliser votre projet personnel, voire à obtenir un «diplôme» vous permettant ensuite de retransmettre vos nouvelles connaissances à d’autres.


c. Savoir partager

Bien-sûr, la fabrication de produits sera toujours nécessaire mais afin de respecter la planète, il faudra créer des produits durables, réparables, verts, freiner les innovations simplement liées à la mode et s’orienter davantage vers le partage de ces produits (organiser des systèmes de mise à disposition gratuite ou payante) que vers une consommation égoïste. Le partage sera donc également et d’abord celui du travail entre les individus.

Travailler 24 ou 28 heures par semaine peut suffire à chacun pour vivre correctement, ceci d’autant plus facilement si des règles sont définies au plan mondial. Dès lors, chacun peut se consacrer à ce qu’il aime faire : ses loisirs, ses études, ses rencontres, ses échanges avec les autres, tout cela à son rythme, selon ses disponibilités et celle des autres.

Le partage peut s’imaginer à l’échelle planétaire : à vous les voyages à la découverte des autres pays, des autres cultures, si à votre tour vous êtes prêt à recevoir des personnes intéressées par la découverte de vos valeurs et de votre mode de vie.

Les espaces de coworking sont des lieux de partage par excellence. On peut y venir pour apprendre, pour proposer des idées, travailler ensemble en partageant des ressources, des moyens, des outils, des connaissances.

Les applications se multiplient actuellement sur internet pour permettre à tous ceux qui peuvent apporter une aide aux migrants de se faire connaître. Des milliers d’offres sont enregistrées chaque jour, de la mise à disposition de logement à l’apprentissage de la langue, en passant par les dons de produits de première nécessité, de nourriture, d’argent.

Voilà, elle est là, la société de demain[4] ! Ce n’est plus un modèle de développement des économies que nous cherchons, c’est un modèle de développement de l’homme, donc un modèle qui préserve aussi l’environnement dans lequel il vit.

Le système économique est alors au service de l’homme et non l’inverse. Ce changement de but nous amène naturellement à modifier toute notre façon de penser et d’agir. Les objectifs à atteindre ne sont plus les mêmes, les moyens à engager et les façons d’y parvenir sont à réinventer.


Sources et compléments d'information

[1] Août 2015 : 9 experts financiers avertissent de l’imminence d’une grande crise financière. Source :
http://www.businessbourse.com/2015/08/12/9-experts-financiers-avertissent-de-limminence-dune-grande-crise-financiere/

[2] «Lucy»de Luc Besson: Après avoir montré que la connaissance sera le remède aux maux de notre société (la violence, la drogue, les univers déshumanisés,...), le film se termine par cette phrase de l’héroïne interprétée par Scarlett Johanson : «La vie nous a été donnée il y a un milliards d’années. Maintenant, vous savez quoi en faire !».

[3] Voir les films de Yann Arthus-Bertrand : Home (2009) et Human (2015). Source :
http://www.goodplanet.org/

[4] Une nouvelle conscience pour un monde en crise - vers une civilisation de l’empathie de Jeremy Rifkin. LLL (2011)

- Voir également «Lucy», le film de Luc Besson (2014).

- «The big short - le casse du siècle» - l’histoire de la bulle immobilière de 2008.

- «Demain, le film», documentaire de Mélanie Laurent.

- Les vraies causes du réchauffement climatique» de Kip Andersen et Keegan Kuhn. Source :
https://m.youtube.com/watch?v=yyWl9oDKAFg